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CHRISTOPHE

Si vous imaginez que le fauteuil de Directeur Artistique est aussi confortable qu’une existence cadencée par des bouteilles de champagne qui font « pop » et des fiestas qui sonnent rock, la réalité pourrait bien vous faire un choc : « Mon métier vend du rêve, mais derrière, c’est un travail de terrain monstre qui nécessite de s’armer de beaucoup de patience ». Malgré « des journées à rallonge », Christophe se plaît depuis plus de vingt ans à investir tous ses efforts dans la construction de ces « moments d’émotion parfaite » que sont pour lui les rencontres entre un artiste et son public : « Ma seule motivation ! » Un sacerdoce qui s’enracine dans un quotidien sans demi-mesure, où les temps d’extase ont le pouvoir de balayer les grandes désillusions. Comme tous les téméraires, ce « passeur de musique » endosse avec entrain le poids « des sacrifices » faits sur l’autel d’une passion dévorante. Car l’étendard de la techno sous lequel il s’est engagé dès les années 90 n’est pas simple à défendre : « Les lives étaient alors le seul moyen d’écouter cette musique électronique que les autorités voyaient d’un mauvais oeil. Travailler dans ce milieu était un combat. Et ça le reste aujourd’hui ». Le bas normand a néanmoins su hisser ses convictions au plus haut en créant, il y a vingt ans, le festival Nördik Impakt. Un colosse encore debout, à l’image de son fondateur – « j’ai toujours eu foi en ma bonne étoile » – qui, dans sa folle course pour la reconnaissance des musiques électros, ne s’est jamais retrouvé à bout de souffle. Un insigne pied de nez au gamin asthmatique qu’il était et dont les nombreuses cures à Bourboule ont fini par enraciner son attachement à l’Auvergne : « C’est ma région d’adoption, je rêve de la retrouver un jour. » L’alchimie avec le Dirigeant du Ninkasi a ajouté encore de l’eau au moulin de Christophe qui a plié bagage, voilà deux ans, pour s’installer à Lyon et rejoindre le Ninkasi. Transmettre aux publics des treize établissements cet état de grâce qui l’a frappé pour la première fois dans l’un ces de ces lieux tenus secrets où les corps, à l’apogée de la transe fendaient d’épais effets de fumées et de lasers est bien le but qu’il poursuit. Au milieu de cette osmose collective et auditive, Christophe vivait pour la première fois un rave éveillé, un bouleversement intérieur presque « mystique » : « Ça commençait en house pour finir en hardcore, c’était fou ! Je me souviendrai à jamais de la claque que m’a mise Orbital. Le début d’un élan qui ne m’a jamais lâché ». Ce mélomane acharné compte bien rester dans ce milieu qui s’est montré assez vaste pour contenir ses croyances et ses aspirations, ses amours et ses horizons. « Ce chaudron de la techno » dans lequel il est tombé, si large qu’il pouvait engloutir tout un avenir. Portrait réalisé par Trafalgar Maison de Portraits

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